07 février 2018

Dans une nouvelle note du conseil scientifique de la FCPE, Education nationale : conservatisme ou réforme ? Le sociologue François Dubet revient sur la politique scolaire mise en œuvre par Jean-Michel Blanquer, et souligne la difficulté à lui appliquer les grilles de lecture habituelles. Le
ministre s’attache en effet à présenter chacune de ses propositions comme des choix techniques, légitimés par les résultats de la recherche et des comparaisons internationales. Il se met ainsi à distance des débats traditionnels entre « progressistes » et « réformateurs », « pédagogues » et « républicains ».

Jean-Michel Blanquer a multiplié les annonces s’inscrivant dans une lignée clairement conservatrice mais « en même temps », comme le souligne François Dubet, la mise en place des CP dédoublés dans les zones difficiles et le dispositif « devoirs faits » en collège montrent une conviction que tout se joue précocement et qu’il faut agir vite. Le ministre est convaincu que l’amélioration de l’efficacité de l’école permettra par la même occasion de lutter contre l’échec scolaire précoce, et donc contre les inégalités.

S’appuyant sur les leçons de l’expertise, le ministre croit dans la science plus que dans l’idéologie. Il a à cœur de promouvoir les méthodes pédagogiques ayant fait la preuve de leur efficacité, grâce notamment aux apports des sciences cognitives.

Le projet scolaire de Jean-Michel Blanquer, pointe le sociologue, constitue une rupture profonde. Construit sur l’expertise et la comparaison, ce projet devra être interrogé par une contre-expertise tout aussi solide. C’est de cet enjeu que devront se saisir les acteurs de l’école.

Une version de ce texte a été publiée sur le site de La Vie des Idées en octobre 2017.

Laurence GUILLERMOU

Chargée de communication FCPE